Réflexions de mi-semaine n° 24, 26/05/20
Les ODD dans la gouvernance
Par Malini Shankar
Tous les maux de la société moderne, qui se manifestent sous forme de plaies urbaines, trouvent leur salut dans les Objectifs de développement durable (ODD). Qu'il s'agisse de l'élimination de la pauvreté et de la faim, de l'adaptation au changement climatique, de la sécurité en matière d'eau, d'énergie, d'alimentation et de moyens de subsistance, de l'inclusion des personnes en situation de handicap, et ainsi de suite... il existe 17 ODD qui marqueront une différence aussi radicale que le jour et la nuit entre la simple aspiration et la satisfaction concrète.
Les 17 ODD comprennent :
1. Éradication de la pauvreté
2. Éradication de la faim
3. Bonne santé et bien-être
4. Éducation de qualité
5. Égalité entre les sexes
6. (Accès / droit) à l'eau propre et à l'assainissement
7. Énergie abordable et propre
8. Travail décent et bien-être économique / Droit à la sécurité des moyens de subsistance
9. Industrie, innovation et infrastructures
10. Inégalités réduites
11. Villes et communautés durables
12. Consommation et production responsables
13. Action pour le climat
14. Vie aquatique
15. Vie terrestre
16. Paix, justice et institutions efficaces
17. Partenariats pour la réalisation des objectifs
La gouvernance des « villes intelligentes » (Smart Cities) impose aux représentants politiques de rendre la gouvernance conforme aux ODD. Si les cyniques pourraient arguer que la pauvreté et la criminalité ne seront jamais éradiquées, cela demeure une responsabilité première pour les pouvoirs en place. De toute évidence, la nécessité d'un soutien institutionnel au développement économique est essentielle pour l'éradication de la pauvreté, l'élimination de la faim et de la criminalité, ainsi que pour garantir le droit à l'éducation et la sécurité des moyens de subsistance.
Ces droits fondamentaux permettront également d'assurer la sécurité en matière d'eau, d'alimentation, de moyens de subsistance et d'énergie. Des directives appropriées en matière d'aménagement du territoire garantiront par ailleurs des options de subsistance alternatives pour les populations dont la survie dépend des ressources naturelles. En effet, les moyens de subsistance fondés sur les ressources naturelles sont les plus durables, comme nous l'a démontré l'échec — ou l'insoutenabilité — de l'économie industrielle. Le gouvernement indien, sous la direction de M. Modi, a mis en place des stations de distribution d'eau potable ainsi que des toilettes propres et hygiéniques — y compris pour les minorités de genre et les personnes en situation de handicap —, une initiative pour le moins louable. Toutefois, les citoyens des zones rurales se plaignent que la subvention de 12 000 roupies, destinée aux propriétaires individuels pour la construction de toilettes à domicile, soit entachée de corruption. Beaucoup affirment que près de 75 % de cette subvention doit être versée sous forme de pots-de-vin aux fonctionnaires locaux pour obtenir le déblocage des fonds nécessaires à la construction. C'est ce qu'on appelle le « Swachh Bharat » !
Quant à l'égalité des sexes, de nombreuses questions restent en suspens et appellent des solutions urgentes : le sort des femmes de ménage ou des aides domestiques demeure lamentable.
• Elles ne bénéficient d'aucune sécurité de subsistance ;
• Elles manquent d'information et de sensibilisation en matière d'hygiène menstruelle ;
• Elles sont analphabètes ;
• Elles restent employées dans ce que l'on appelle le secteur informel ;
• Elles ne possèdent pas de compte bancaire ;
• Leurs maigres revenus en espèces s'évanouissent dès la première semaine du mois ;
• Elles continuent de subir des violences et des abus domestiques de la part de membres de leur propre famille ;
• Elles se retrouvent souvent sans abri ou vivent dans des bidonvilles insalubres, sans accès à l'eau potable ni à l'assainissement ;
• Elles souffrent de malnutrition, avec toutes les répercussions que cela entraîne sur leur santé reproductive. Des troubles associés, tels que les affections thyroïdiennes et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), commencent à frapper cette population vivant, pour l'essentiel, sous le seuil de pauvreté. Le cholestérol, l'hypertension et le diabète ne tarderont pas à suivre au sein d'une population qui lutte déjà pour s'assurer deux repas décents par jour. Cela démontre que la sécurité alimentaire constitue le pilier fondamental, le remède le plus efficace contre la malnutrition et la maladie.
Sans sécurité alimentaire, ce ne sont pas seulement les catégories les plus vulnérables et les plus démunies qui souffrent le plus ; c'est l'ensemble de la population qui se retrouve exposée aux maladies. La sécurité alimentaire constitue le droit humain le plus fondamental... car elle confère une réalité concrète au droit à la vie.
Ces indicateurs sociaux reposent, en amont, sur le droit à une éducation universelle. Bien que l'Inde figure en bonne place dans de nombreux indices de développement — notamment grâce à la mise en place de repas scolaires pour les enfants ruraux vivant sous le seuil de pauvreté —, son taux d'alphabétisation demeure d'une faiblesse affligeante. Pour un pays qui affiche fièrement ses milliardaires fraudeurs fiscaux, le taux d'alphabétisation n'atteint encore, en 2025, que 77,7 %. Tel est le « grand exploit » réalisé en matière d'alphabétisation au cours des 75 années qui se sont écoulées depuis l'indépendance de l'Inde. Nul besoin de clivages partisans pour dresser ce constat. Au cours des années écoulées depuis que l'Alliance démocratique nationale (NDA) est au pouvoir — dans le cadre d'un « gouvernement à double moteur » (Double Engine Sarkar) —, les enfants scolarisés dans l'Uttar Pradesh sont tout simplement incapables de compter au-delà de la dixième unité. Les taux d'abandon scolaire continuent de consterner les spécialistes du développement.
« Les données les plus récentes concernant les taux d'abandon scolaire en Inde reposent sur les chiffres de l'UDISE+ pour l'année 2024-2025 ; ce système met à disposition des rapports téléchargeables permettant de vérifier ces informations :
Le système UDISE+ 2024-2025 du gouvernement indien — également connu sous le nom de « Unified District Information System for Education » (Système unifié d'information par district pour l'éducation) — indique que les taux d'abandon s'établissent comme suit :
Au niveau préparatoire : baisse de 3,7 % à 2,3 %.
Au niveau intermédiaire : baisse d'environ 5,2 % à 3,5 %.
Au niveau secondaire : baisse de 10,9 % à 8,2 %.
Le rapport ASER (Annual Status of Education Report — Rapport annuel sur l'état de l'éducation) est fréquemment utilisé. »
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