Réflexions de mi-semaine 14, 11.03.2026
Planification de la gestion de l'eau
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| L'architecture traditionnelle est riche en pratiques de gestion des ressources naturelles — respectueuse du climat et durable en matière de consommation d'énergie et d'eau. © Malini Shankar |
Par Malini Shankar
Présentant son 17e budget pour l'État — un record —, le ministre en chef du Karnataka a accordé une attention particulière à l'approvisionnement en eau dans le cadre du budget de cette année. Si l'accent mis sur ce domaine critique de la gestion de l'eau constitue indéniablement un point fort, le budget reste néanmoins lacunaire quant au désenvasement des barrages et des réservoirs ; de plus, aucune importance n'a été accordée à la réutilisation des eaux recyclées pour les usages primaires. L'insistance du budget sur le développement de nouveaux ouvrages d'irrigation manque de durabilité. À notre époque, l'étape de la « construction de la nation » est révolue ; nous devons désormais partager les ressources de manière durable. Et si vous créiez un barrage ou un réservoir exclusivement destiné à la collecte des eaux de pluie, Monsieur le Ministre en chef ? Après tout, cela constituerait une redistribution durable et équitable des ressources communes.
La nécessité impérieuse de réglementer et de restreindre le forage de puits et l'utilisation des eaux souterraines ne saurait être différée davantage. Cette question exige une attention politique immédiate et résolue. En quête de meilleures opportunités d'emploi ou d'un avenir économique plus prometteur, les « rats des villes en plein essor » se ruent vers de grandes métropoles comme Mumbai, Bangalore ou Chennai, poussant les infrastructures urbaines jusqu'au point de rupture. Les infrastructures liées au logement, à la voirie, aux chaînes d'approvisionnement, à l'eau et à l'assainissement, ainsi qu'à l'énergie, n'ont pas été dimensionnées — sur une base par habitant — pour prendre en compte la population migrante en Inde. Cette situation entraîne une consommation massive et non planifiée des ressources en eaux souterraines. C'est, au sens propre, saigner la nappe phréatique à blanc. Le fait que la Constitution confère aux citoyens le droit de résider où bon leur semble ne saurait se substituer à une gestion rationnelle des ressources. En conséquence, ces « rats des villes » deviennent les nouveaux « intouchables » des temps modernes, vivant sous le sceau de la pauvreté, en marge des quartiers résidentiels huppés occupés par la population locale établie. Qu'on me pardonne l'emploi de ce terme politiquement incorrect.
La responsabilité de la reconstitution des nappes phréatiques incombe aux catégories instruites et cultivées de la société, ainsi qu'aux dirigeants politiques. Nous devons faire preuve d'imagination et sortir des sentiers battus pour trouver des solutions plus simples permettant de réalimenter les nappes souterraines. Par « sortir des sentiers battus », j'entends ici s'affranchir des idées reçues et de la sagesse conventionnelle.
Le Karnataka, État modèle en matière de développement, tire fierté d'avoir été le pionnier de la mise en place d'usines de traitement des effluents et des eaux usées. Ces installations existent aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Toutefois, cette source unique d'approvisionnement en eau ne bénéficie ni d'une publicité ni d'une promotion suffisantes. Elle devrait être utilisée pour des usages humains non primaires, tels que la construction, les systèmes de climatisation, les réfrigérateurs, les chasses d'eau, et autres applications similaires. La réduction de l'utilisation des sources d'eau douce pour des usages aussi peu économes que les chasses d'eau permettrait de soulager la pression exercée sur les réserves d'eau potable. Parallèlement, le recours à une architecture traditionnelle à faible coût dans la construction implique une moindre consommation de ciment. Cela réduit les émissions, favorise la protection du climat et permet de s'adapter aux changements climatiques. Cette approche diminue automatiquement le besoin en climatisation, réduisant ainsi davantage les émissions. Il s'agit d'un cercle vertueux, interconnecté et orienté vers une croissance positive ! Une démarche progressiste, caractérisée par la simplicité de vie et l'élévation de l'esprit, et parfaitement durable pour toutes les catégories de la société… Imaginez un peu : gaspiller de l'eau douce précieuse à chaque passage aux toilettes ! Je trouve cela profondément interpellant pour la conscience.

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